10.12.2010
Mickrociné : 11 décembre 2010
Mickrociné : « Vivre différemment », le samedi 11 décembre à 22h15 sur Canal+ Cinéma
Il y a des tas de façons de vivre différemment, ce n’est après tout qu’une question de point de vue. Il suffit juste de se démarquer de ses habitudes de regard, de considérer les choses sous un autre angle que celui que l’on utilise ordinairement et la vie, alors, prend une tout autre coloration. La méthode appliquée par exemple par les deux frères irlandais Jason et Brendan Butler aux ours en peluche est particulièrement symptomatique. De prime abord, Tufty est un mignon petit ourson, l’objet transitionnel idéal pour un enfant en bas âge, mais replacez-le dans son contexte naturel et vous découvrirez que, sous son étoffe de velours, bat un cœur sensible qui ne demande qu’à s’épanouir dans des conditions plus harmonieuses.
Vivre différemment, c’est donc accepter tout simplement le côté paradoxal de l’existence. Nicolas Steiner, jeune Suisse d’une trentaine d’années, qui a fait ses études de cinéma à la fameuse Filmakademie du Bade-Wurtemberg de Ludswigburg, célèbre dans Ich bin’s Helmut le 60e anniversaire d’Helmut qui, en réalité, n’a que 57 ans. Dans son salon sans charmes où il patiente à côté d’une épouse revêche, une tripotée de gens, avec lesquels il a des attaches plutôt distantes, s’invite pour fêter l’événement. Helmut ne s’en formalise pas ; il assume au contraire ce dérèglement de son quotidien, il y voit même l’occasion inespérée de changer d’air et de respirer celui, plus vivifiant, des alpages.
Pour arriver à regarder autour de soi autrement, Helmut a retourné la réalité comme un gant de la même façon que Tessa Joose dans Plastic and Glass. Tessa Joose est une plasticienne hollandaise qui, dans sa pratique artistique, mixe vidéos, installations et théâtre musical. Son chemin ne pouvait pas ne pas croiser le studio des arts contemporains du Fresnoy avec qui elle a pu réaliser ce film performance étonnant dans une usine de recyclage située non loin de Tourcoing. Dans cette usine, nous découvrons comment le rythme constant des machines peut devenir musique, comment il incite à chanter des romances, comment il transfigure la laideur en beauté : nous voyons la face cachée du monde du travail, sobrement, poétiquement, sans aucun cynisme.
Ce qui n’est pas le cas de Coloscopia, par contre, où le Français Benoît Forgeard tire à boulets rouges sur la société du spectacle et ses images léchées d’un bonheur programmé. Jackie Larose, son héroïne, est une playmate atteinte d’un cancer du gros côlon. Il faut lui poser une colostomie et sa carrière, à priori, est compromise. Que nenni ! La jeune femme rebondit et devient le premier modèle à poser nue avec un anus artificiel. Elle passe radicalement dans un monde différent : de l’autre côté du désir. Et Dieu sait ce qu’elle va y trouver…
Retrouvez l'émission le dimanche 12 décembre à 3h44, le jeudi 16 décembre à 19h51 et le vendredi 17 décembre à 3h02 et 7h02 sur Canal+ Cinéma.
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